Exposition

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2010 : une nouvelle odyssée de l’espace

Exposition jusqu’au 30 octobre

Marqué par l’exil, Salah, artiste kabyle, est arrivé en France en 2001.

Le film de Stanley Kubrick, 2001, l’Odyssée de l’espace est sorti en 1968. Cette année-là, Salah, aujourd’hui âgé de 34 ans, était peut-être  quelque part dans l’espace attendant son heure pour entreprendre un voyage intersidéral et rejoindre notre planète.

A-t-il vu le film de Kubrick par la suite ? Nous l’ignorons.

En tout cas, l’une de  ses toiles actuellement présentées dans la grande salle du Med’s, nous montre une série de caméras aux couleurs vives. Elles se posent sur d’autres toiles figurant sur le mode burlesque des tétines de toutes les couleurs ou des chapeaux d’homme qui sont, pareils à des vaisseaux spatiaux, comme en suspension dans le noir épais de l’univers des rêves les plus fous. Peintre de la mobilité, Salah peut, dans le noir absolu, imaginer tous les objets. Et là, curieusement, ce sont des ombrelles et des parapluies aux belles couleurs qui viennent habiter l’espace dans un mouvement doublement circulaire et vertigineux.

Peintre de la modernité, installé comme un enfant sur l’écran noir de ses désirs les plus secrets, Salah nous fait aussi voyager dans la tradition de la grande Kabylie de son enfance en nous laissant voir, par exemple, des poteries du 13ème siècle dans l’une de ses toiles les plus abouties : celle-ci est parfaitement ordonnée, se présentant sous forme de frises successives et ascendantes illustrant chacune, des générations successives,  les civilisations turque, grecque ou romaine pour finalement exploser dans les bulles multicolores  de la modernité retrouvée.

Confortablement installé dans un fauteuil du Med’s, laissez-vous donc aller et pénétrez dans de nouveaux espaces de perception. Lorsqu’on l’interroge sur les dominantes de son univers interstellaire, Salah parle des bleus qui reviennent souvent. Pure coïncidence ? C’est aussi le Beau Danube bleu qui accompagne la valse des vaisseaux spatiaux en orbite lunaire dans le merveilleux film de Stanley Kubrick.

Maintenant, saisissez votre fauteuil et retournez-le. Vous êtes face à une galerie de portraits disposés en frise sur toute la longueur du mur. L’humanité apparaît dans sa diversité inouïe : espèces existantes, espèces disparues, jeunes, vieux, hommes et femmes rassemblés et observant les toiles accrochées sur l’autre mur. Sont-ils candidats à un voyage intersidéral ? Ont-ils déjà fait le grand saut ? En tout cas, ils font de cette belle  salle du Med’s un gigantesque sas, prélude à toutes les explorations.
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